28.09.2008
Le Prologue de Kébélé 1
Kobor Tigan’t - Le Prologue de Kébélé…1
L’ouverture de l’épopée nous pose d’emblée dans une dimension particulière, dans un espace spirituel Causal en compagnie d’un attachant personnage : le Vieux Kébélé. C’est en effet dans une Avant-scène au temps suspendu, « là ou s’élabore le chatoyant tissu des devenirs », qu’officie « celui qui regarde avec tendresse l’obscure vallée ». Si ce sage a l’étonnante vertu de nous être si naturellement familier c'est qu'il nous parle directement au plus intime.
Son adresse est émouvante, et interpelle en chacun cette fibre ultime qui est notre part du Divin motif.
Et surtout Christia lui donne la parole et la plume. Nous invitant au dévoilement, "par le dessous de la tapisserie", des jeux, enjeux, rapports qui déchireront et uniront les personnages, dans une dramaturgie dont nous pressentons bien qu’elle nous concerne aussi. Notre implication directe comme lecteur finit par nous rendre complice du Vieux Kébélé, et sous-tend l'intention Sylfienne qui aimante l'oeuvre de l'intérieur : une vocation d'herméneutique spirituelle.
En nous conviant aux cotés de "Celui qui travaille au milieu de la Hauteur", en nous délivrant le secret de la trame archétypale de ses personnages, Christia nous ouvre à notre propre chemin de pèlerin : celui qui mène vers le Vieux de la Montagne. La question des sources qui président à notre propre destin va se poser désormais aussi pour chacun de nous. Cette interrogation travaillera comme un ferment notre lecture et grandira dans notre coeur à mesure que se dérouleront les destinées pathétiques des fils de Kébélé.
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J'ai toujours été sensible au vieux Kébélé. Depuis notre rencontre à travers l'épopée sylfienne, il est définitivement devenu mon compagnon de vie. Il m’aide à mieux voir ces fleurs de foudre, ces dragons de beauté, les cantates de lumières prismatiques qui fleurissent et affleurent subrepticement dans les marbrures du quotidien. Il me souffle que tout importe, que rien n’est séparé de l’ensemble et que tout dans l’envers mouvant, concourt au Divin ouvrage. Et enfin sa tendresse est une corde essentielle à mon arc intérieur. Dans les moments douloureux il m’est apparu, tantôt dans la couronne altière des arbres de sagesse, tantôt comme celui qui pousse la graine de mon aspiration, coincée sur le Roc de la peur, vers le terreau fertile des audaces et des nouvelles vigueurs. Quelquefois, quand la douleur se fait vive dans le caillou brûlé de mon histoire, je sens la fraîcheur adoucissante de sa présence. « Tiens, bon petit, ton petit ruisseau hâtif, plein de désirs et de vœux, se rapproche bien de la mer… » !
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Montagne, oiseaux, verdure, pèlerinage des âmes, ascension, Maître des Maîtres…Quelque chose d'éternel et de persan résonne dans ces évocations et attributs Kébéléiens. Ils me rappellent un personnage majeur de la tradition soufie.
A travers le personnage de Kébélé, Christia Sylf nous campe une figure archétypale familière qui évoque bien El Khadir, le Maître des Maîtres, celui qui oriente le pèlerinage de l'âme. L'histoire d’El Khadir, que l’on trouve évoquée dans le Coran, est le récit de l'initiation de l'âme humaine, l'histoire de son retour vers ce Nord Cosmique, « rocher d'émeraude » au sommet de la montagne Qâf , le sommet de la hiérarchie ésotérique. C'est là que l'on retrouve également le Sîmorgh, le merveilleux oiseau divin, forme angélique d'Al-Khadir, terme qui signifie « le verdoyant ».
16:15 Publié dans Lecture Kobor Tigan't | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note