28.02.2009
les couvains du futur...
En préparant un petit livret sur Christia Sylf, qui devrait être prêt pour le mois de Mai, je me retrouve plongé dans son atmosphère si particulière. Je revois sa maison de St Montan, le salon où elle écrivait, sa table, sa machine à écrire, et même la vue de sa fenêtre sur l'église du village...
L'Oeuvre sylfienne n'est pas de celle qui reste confinée dans le linceul des livres. A la lecture, ses personnages, ses mondes, ses évocations semblent s'extraire du filet des mots. Tous bruyants de fureur, vivants, vibrants, ils s'extirpent de la vase blanche des pages et foncent à la nage dans l'océan neuronal du lecteur !
Ils s'exfiltrent subrepticement de leur support de signes pour s'infuser dans nos esprits et y déposer l'étrange couvain des mondes à venir !
C'est une oeuvre fantastique dans le sens le plus complet du terme.
Nombre de documents et lettres attestent du souci constant qui habitait Christia : triturer alchimiquement le verbe, l'ensemencer de sens, le nervurer de vie, insuffler une scansion particulière aux phrases...Et produire chaque ouvrage avec le pathétique, les épreuves et l'authenticité d'un enfantement.
Que faire alors de cette oeuvre ? La célébrer ? La goûter encore et encore pour en partager l'ivresse en petit ou grand comité ?
N'est-ce pas en méconnaître la portée ?
Je postule que cette oeuvre est non seulement opératoire, mais qu'elle se continue à travers le destin de ses lecteurs. Qu'elle distille en chacun de nous, pour autant que nous soyons prêt, une essence activatrice qui nous propulse vers plus de conscience...Elle nous relie, par un agir verbal obscur et cristallin, à la trame évolutive des mondes.
Dès lors nous risquons bien d'avoir aussi envie de nous extraire du linceul de la commune réalité ! Comme ses personnages, nous serons de la famille de Kébélé, et comme eux nous assumerons notre rôle dans le monde qui vient.
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