28.02.2009
les couvains du futur...
En préparant un petit livret sur Christia Sylf, qui devrait être prêt pour le mois de Mai, je me retrouve plongé dans son atmosphère si particulière. Je revois sa maison de St Montan, le salon où elle écrivait, sa table, sa machine à écrire, et même la vue de sa fenêtre sur l'église du village...
L'Oeuvre sylfienne n'est pas de celle qui reste confinée dans le linceul des livres. A la lecture, ses personnages, ses mondes, ses évocations semblent s'extraire du filet des mots. Tous bruyants de fureur, vivants, vibrants, ils s'extirpent de la vase blanche des pages et foncent à la nage dans l'océan neuronal du lecteur !
Ils s'exfiltrent subrepticement de leur support de signes pour s'infuser dans nos esprits et y déposer l'étrange couvain des mondes à venir !
C'est une oeuvre fantastique dans le sens le plus complet du terme.
Nombre de documents et lettres attestent du souci constant qui habitait Christia : triturer alchimiquement le verbe, l'ensemencer de sens, le nervurer de vie, insuffler une scansion particulière aux phrases...Et produire chaque ouvrage avec le pathétique, les épreuves et l'authenticité d'un enfantement.
Que faire alors de cette oeuvre ? La célébrer ? La goûter encore et encore pour en partager l'ivresse en petit ou grand comité ?
N'est-ce pas en méconnaître la portée ?
Je postule que cette oeuvre est non seulement opératoire, mais qu'elle se continue à travers le destin de ses lecteurs. Qu'elle distille en chacun de nous, pour autant que nous soyons prêt, une essence activatrice qui nous propulse vers plus de conscience...Elle nous relie, par un agir verbal obscur et cristallin, à la trame évolutive des mondes.
Dès lors nous risquons bien d'avoir aussi envie de nous extraire du linceul de la commune réalité ! Comme ses personnages, nous serons de la famille de Kébélé, et comme eux nous assumerons notre rôle dans le monde qui vient.
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24.01.2009
Christia
Christia Sylf, de son véritable nom Christiane Richard, est née le 28 septembre 1924 à Paris. Elle s'éteint en 1980, à Entrevaux, au terme d'une vie toute entière consacrée, à travers la peinture, la poésie et l'art romanesque, à une œuvre unique de transmission et d'inspiration initiatique et spirituelle.
Une particularité traverse non seulement son œuvre, mais également sa vie : celle d'une nature profondément libre et non-conformiste. Christia Sylf trouvera dans le roman fantastique un cadre privilégié pour exprimer la richesse d'une vision iconoclaste, et donner libre cours à un flux créateur d'expériences et d'inspirations hors normes. C'est ainsi qu'elle élaborera son épopée majeure, incarnée et débridée, savoureuse, intense, sensuelle, profuse en personnages, en mondes et en civilisations passées et à venir. C'est dans la lignée de Sir Edward Bulwer Lytton et de Gustav Meyrink, dans la tradition littéraire du fantastique ésotérique, que son art s'exprimera le mieux.
Mais la singularité de son œuvre ne s'arrête pas là.
Non seulement Christia Sylf tisse une toile savante autant qu'attachante de personnages chargés d'émotions et de sens, dont les vies courent sur une trame captivante de mondes aussi variés que l'Atlantide ou la Chine antique, mais elle le fait avec un brio stylistique et littéraire hors pair ! Dans son refuge de St Montan, au cœur de l'austère Ardèche, l'écrivain n'a cure des courants littéraires parisiens. Dans son Athanor, au pied du Château médiéval qui surplombe le village, c'est l'esprit d'Ouvrage, au sens initiatique du terme qui infuse son art d'écriture.
Tout y est ciselé de la plus experte manière. Chaque mot, trempé dans le feu de l'expérience, frappé du sceau sylfien, s'enroule dans un phrasé subtil dont la dynamique évocatoire éveille dans l'esprit du lecteur une connivence symbolique inhabituelle. C'est la magie du verbe qui est là convoquée ! Et pour peu que l'on cède au charme, l'on devient harponné, fasciné, et embarqué dans une aventure dont nous nous ne pouvions soupçonner qu'elle deviendrait, en vérité, un chemin vers soi-même.
Christia Sylf n'aura pu achever son œuvre. Mais celle-ci reste si forte qu'elle semble se projeter presque d'elle-même vers un avenir pressenti. L'Association des Amis de Christia Sylf est le témoignage vivant d'une œuvre qui se poursuit par la voie des œuvres les plus accomplies : celle des lecteurs en lesquels les personnages co-existent et à travers lesquels le Grand Œuvre se continue !
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14.01.2009
Lecture audio
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28.09.2008
Les motivations de ce blog
On trouvera dans ce blog des commentaires de ma modeste lecture de l'oeuvre de Christia Sylf, comprenant des impressions, des évocations, des résonnances.
Sans prétention savante, ce travail vise simplement à mettre en forme et à partager la richesse presque fractale de l'oeuvre sylfienne : ses harmoniques évocatoires, sa densité symbolique et métaphorique, ses interpellations prophétiques, son faste stylistique, sa luxuriance érotique et alchimique...
Et ce qui me semble le plus intéressant, c'est cette force d'envoûtement qui finit par habiter le lecteur, en s'infusant en lui irrésistiblement. Jusqu'au jour où celui qui croyait n'être qu'un lecteur tranquille, passe de l'autre coté du miroir de l'oeuvre et réalise qu'il est, qu'il a toujours été, un fils de Kébélé !
Ce blog est aussi un hommage personnel à cette Dame de Coeur qui m'est si chère.
C'est aussi un clein d'oeil à ma Fratrie de la Tapisserie Sylfienne, et une invitation au partage.
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Le Prologue de Kébélé 1
Kobor Tigan’t - Le Prologue de Kébélé…1
L’ouverture de l’épopée nous pose d’emblée dans une dimension particulière, dans un espace spirituel Causal en compagnie d’un attachant personnage : le Vieux Kébélé. C’est en effet dans une Avant-scène au temps suspendu, « là ou s’élabore le chatoyant tissu des devenirs », qu’officie « celui qui regarde avec tendresse l’obscure vallée ». Si ce sage a l’étonnante vertu de nous être si naturellement familier c'est qu'il nous parle directement au plus intime.
Son adresse est émouvante, et interpelle en chacun cette fibre ultime qui est notre part du Divin motif.
Et surtout Christia lui donne la parole et la plume. Nous invitant au dévoilement, "par le dessous de la tapisserie", des jeux, enjeux, rapports qui déchireront et uniront les personnages, dans une dramaturgie dont nous pressentons bien qu’elle nous concerne aussi. Notre implication directe comme lecteur finit par nous rendre complice du Vieux Kébélé, et sous-tend l'intention Sylfienne qui aimante l'oeuvre de l'intérieur : une vocation d'herméneutique spirituelle.
En nous conviant aux cotés de "Celui qui travaille au milieu de la Hauteur", en nous délivrant le secret de la trame archétypale de ses personnages, Christia nous ouvre à notre propre chemin de pèlerin : celui qui mène vers le Vieux de la Montagne. La question des sources qui président à notre propre destin va se poser désormais aussi pour chacun de nous. Cette interrogation travaillera comme un ferment notre lecture et grandira dans notre coeur à mesure que se dérouleront les destinées pathétiques des fils de Kébélé.
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J'ai toujours été sensible au vieux Kébélé. Depuis notre rencontre à travers l'épopée sylfienne, il est définitivement devenu mon compagnon de vie. Il m’aide à mieux voir ces fleurs de foudre, ces dragons de beauté, les cantates de lumières prismatiques qui fleurissent et affleurent subrepticement dans les marbrures du quotidien. Il me souffle que tout importe, que rien n’est séparé de l’ensemble et que tout dans l’envers mouvant, concourt au Divin ouvrage. Et enfin sa tendresse est une corde essentielle à mon arc intérieur. Dans les moments douloureux il m’est apparu, tantôt dans la couronne altière des arbres de sagesse, tantôt comme celui qui pousse la graine de mon aspiration, coincée sur le Roc de la peur, vers le terreau fertile des audaces et des nouvelles vigueurs. Quelquefois, quand la douleur se fait vive dans le caillou brûlé de mon histoire, je sens la fraîcheur adoucissante de sa présence. « Tiens, bon petit, ton petit ruisseau hâtif, plein de désirs et de vœux, se rapproche bien de la mer… » !
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Montagne, oiseaux, verdure, pèlerinage des âmes, ascension, Maître des Maîtres…Quelque chose d'éternel et de persan résonne dans ces évocations et attributs Kébéléiens. Ils me rappellent un personnage majeur de la tradition soufie.
A travers le personnage de Kébélé, Christia Sylf nous campe une figure archétypale familière qui évoque bien El Khadir, le Maître des Maîtres, celui qui oriente le pèlerinage de l'âme. L'histoire d’El Khadir, que l’on trouve évoquée dans le Coran, est le récit de l'initiation de l'âme humaine, l'histoire de son retour vers ce Nord Cosmique, « rocher d'émeraude » au sommet de la montagne Qâf , le sommet de la hiérarchie ésotérique. C'est là que l'on retrouve également le Sîmorgh, le merveilleux oiseau divin, forme angélique d'Al-Khadir, terme qui signifie « le verdoyant ».
16:15 Publié dans Lecture Kobor Tigan't | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
26.09.2008
Eclats
Je me souviens du temps d'alors, quand dévorant chaque feuillet des livres dorés, j'attendais la suite avec jubilation ! Car la lecture de Chritia Sylf n'est pas de celle dont l'intérêt se fane en une ni plusieurs saisons. Ni même en une vie. La librairie Dubouchet de St Etienne, dans laquelle l’air de rien je lisais tant de livres, avait le bon goût de les mettre en avant sur ses rayons.
Lorsque le nouveau tome paraissait, et que je le trouvais parmi les piles de livres inutiles, là, rutilant dans son bel Or, je me sentais en feu. Je m’y jetais comme un jeune ours tombe sur un rayon de miel, et lisais voracement tous les mots à la fois ! Ces jours étaient une fête, car je retrouvais là tous les miens, vivants, vivaces, pugnaces, charnels, tourmentés, spirituels, tous faramineusement habités par la Quête. Et puis toute cette sacrée famille me semblait tellement plus familière que celle où se déroulaient mes jours…
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Depuis lors, les livres de Christia veillent auprès de moi comme des talismans. Chaque lecture ajoute une patine de sens, fait reluire plus encore la lumière contenue dans le treillis narratif. Laquelle lumière, s'accordant merveilleusement à la nôtre, s'irise toujours de nouveaux éclats de révélations et de joie !
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Le pouvoir talismanique de cette oeuvre est tel que depuis quelques années il reconstitue une trame de personnages étonnants qui se rencontrent chaque année, et dont je suis. Les Amis de Christia Sylf, créateurs de l'Association du même nom, se retrouvent autour de l'appel de Kébélé, partageant par delà les mots, de magnétiques affinités pour cette oeuvre qui les habite, les relie et les appelle..
23:39 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Sortilèges Sylfien
J'ai parfois l'impression que notre conscience de lecteur s'infuse subrepticement dans la matière du verbe sylfien. Puis nous incorpore mystérieusement à ces mots et à cette histoire. Une étrange magie opère alors, rythmée et portée par des stances invisibles qui semblent doubler le texte de l’intérieur et parler à notre âme. Christia, qui était experte dans le Magistère du Verbe, aurait-elle insufflée quelques sortilèges qui s’éveilleraient au souffle de la lecture ? Je me plais à le croire et à le ressentir !
23:03 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.06.2008
Le Gong des Evidences
Christia Sylf a été une des première a faire sonner en moi le Gong des Evidences.
Sa lecture a empoigné ma conscience d'adolescent au fin fond de ma cité HLM de St Etienne, pour me projeter dans la cosmogénèse antédiluvienne du présent.
Trente ans plus tard je reste sous l'emprise de cette lecture primordiale. L'athanor alchimique de la vie a certes dissous nombre de mes sels réfractaires.
Le tamis de l'expérience a condensé les émois qui agitaient ma jeunesse en tendant l'arc des maturations.
Il reste qu'aucun raisonnement ne peut me retenir de plonger avec l'enthousiasme juvénile du dauphin dans les eaux de Kobor et de l'Atlantide à venir.
J'aime tant Christia qu'elle m'est présente au quotidien.
Le temps lui-même pulse ses secondes rythmées en jactant l'Atl écumeux de sa fabuleuse épopée.
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